État d’urgence. À la suite des attentats du 13 novembre, le gouvernement français a remplacé Liberté. Égalité. Fraternité par Identité. Fermeté. Sécurité. Le 29 novembre, dans les grandes villes du monde, des milliers de citoyens défilent pour rappeler à leurs dirigeants l’état d’urgence climatique. À Paris, la Ville lumière hôte de la COP21, la manifestation est interdite.
Heureusement, l’humour est plus fort que la peur. Pour contourner la loi, des écolos rigolos organisent une chaîne humaine sur le boulevard Voltaire, de la Place de la Nation à la Place de la République. Le préfet de Paris épluche ses règlements en se grattant la tête : une chaîne humaine n’est pas une manif’ puisqu’elle ne bloque pas la rue et n’exige pas de déclaration d’itinéraire. Alors, pas le choix, on tolère.
Festivité. Créativité. Solidarité. Des milliers de citoyens de tous âges se donnent la main, entre amis et inconnus pour déployer une longue cascade de rires et de chansons. Carnaval spontané en trompette et trombone. Costumes en forme de slogan, traits d’esprit lancés sur des pancartes de fortune. Hommes et femmes-sandwiches qui posent volontiers pour faire le tour du monde sur Facebook.
Un clin d’œil d’une heure. Un foule-éclair sympa pour la télé. Puis, des bénévoles à vélo sifflent la fin de la récréation. « Dispersez-vous maintenant, s’il vous plaît. » Il ne faut pas titiller les forces de l’ordre.
Les maillons de la chaîne se défont, mais sont puissamment attirés par l’aimant de la Place de la République. Après la chaîne bon enfant, la manif’ mauvais garçons.
Texte et photos : Michel Lopez
Collaboration : Monique Joly


